Expositions
Depuis 1999 l'Hôtel des Arts s'intéresse à la période couvrant la deuxième moitié du XXe siècle à nos jours, dans les domaines de la peinture, de la sculpture, de la photographie, des installations, de l'art vidéo...
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Giorgio MORANDI L'abstraction du réel
Du 5 juin au 26 septembre 2010
Rencontre avec Laura Mattioli, commissaire de l'exposition, jeudi 3 juin à partir de 18h30, sur réservation uniquement. Vernissage vendredi 4 juin 2010 à 18h30
Pour moi, rien n’est abstrait ; par ailleurs, je pense qu’il n’y a rien de plus surréel ni rien de plus abstrait que le réel. (…) » (1)
On connaît le cri du cœur de Diderot face à l'énigme de la peinture de Chardin : « On n’entend rien à cette magie. Ce sont des couches épaisses de couleur appliquées les unes sur les autres et dont l’effet transpire de dessous en dessus ». Inimaginable, le critique le plus habile de son temps s'avoue vaincu et impuissant face à une production picturale qui ne manifeste aucune iconographie hardie. Rarement, en effet, une œuvre n’a suscité un tel mutisme admiratif, une telle perplexité.
Deux siècles plus tard, le mystère reste intact face à l’œuvre de Morandi. La « défaite » de Diderot perdure. […]
[…] L’œuvre du maître de Bologne est largement ouverte, offrant de multiples accès, soit par les thématiques qu’il a explorées - natures mortes et paysages - mais aussi par la forte charge émotionnelle et spirituelle que dégagent ses œuvres à l’instar de Rembrandt, Vermeer, Alberto Giacometti, Mondrian et Rothko. […]
[…] Le caractère monumental des natures mortes de Morandi - en dépit de la petite taille des tableaux - et la déréalisation qu’il obtient par la suppression de toute référence à l’identité initiale des objets qui les composent (Morandi supprimait les étiquettes et les noms de marques sur les objets composant son petit univers, avant de les enduire de peinture et laisser la poussière les recouvrir) rapprochent fortement celles-ci de ses paysages presque monochromes réduits à quelques éléments structurants.
La lumière mystérieuse et magique qui baigne les peintures de Morandi produit chez l’observateur un effet bienfaisant renforcé par la sensualité de sa pâte, car chez Morandi la simplicité des compositions et l’économie chromatique de sa palette ne se traduisent pas par une austérité sévère, mais par une spiritualité sensible. La chair chez lui se fait esprit. […]
[…] L’exposition de l’Hôtel des Arts s’attache à montrer l’unité profonde de son œuvre et le processus d’abstraction qu’il opère dans son appropriation du réel, à travers plus de quarante œuvres composées d’huiles, d’aquarelles, de gravures et de dessins. L’exposition pose un regard particulier sur le thème du bouquet de fleurs qui jusqu’à présent a été moins étudié que celui de la nature morte et du paysage. Il s’agit pourtant d’une partie considérable de l’œuvre de Morandi qu’il a travaillée à toutes les périodes de sa vie de peintre. Un thème, souvent mineur, même traité par les plus grands artistes, mais qui, sous la main de Morandi, acquiert la même dimension poétique et monumentale que le reste de l’œuvre.
Extraits des textes de Gilles ALTIERI et Itzhak GOLDBERG
(1) Interview de Morandi enregistrée le 25 avril 1957 pour « La Voce dell’America »
Dossier de presse
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